Retour
  

LA GAULE est déchirée entre les petits-fils de Clovis. Des hordes de barbares se répandent en semant la terreur. Un empereur règne à Byzance sur ce qu'il reste officiellement de l'empire romain. La prétention des papes à être les arbitres de la doctrine de l'Eglise est combattue par les patriarches de Constantinople. L'Italie elle-même est ravagée par l'invasion lombarde.
Un grand unificateur Grégoire le Grand monte sur le trône de saint Pierre à Rome, en 590. Ce pape, sanctifié ultérieurement, va s'affirmer comme le chef de toutes les Eglises d'Occident, accroître son pouvoir spirituel et son influence politique sur tous les rois d'Europe.
Des monastères sont édifiés un peu partout comme centres de propagation de la foi chrétienne. L'Eglise tient une place importante dans l'activité culturelle et artistique. Ce chant liturgique trouve son origine dans les psaumes chantes à la synagogue, les premiers chrétiens étant des juifs convertis.


Mais il y a autant de façons de chanter la liturgie qu'il y a d'Eglises primitives. Grégoire ler impose le latin et codifie les chants de la liturgie présents dans la messe et les offices des monastères. Le chant grégorien est né. Son appellation définitive ne lui sera donnée que trois siècles après la mort du pape. Le chant grégorien est avant tout une prière qui épouse le texte sacré. I1 est chanté à l'unisson, sur une seule mélodie, appelée monodie, sans accompagnement. 11 n'accepte que les voix d'homme, sans qu'aucun trait personnel de virtuosité ressorte.

Une musique plane

Cette musique exprime le calme, la sérénité, le détachement. Elle favorise le recueillement et évoque la paix qui règne au royaume de Dieu. Elle présente peu d'écart de note très important et se cantonne dans un intervalle de trois à quatre notes au plus, d'où son nom de plain-chant qui signifie " musique plane ". Le répertoire grégorien est immense. II comprend les différents chants communs à toutes les messes comme le Kyrie et le gloria, d'autres plus compliqués sont réservés à certaines fêtes. Par exemple, l'alleluia qui comporte des vocalises exprimant la joie, et enfin les hymnes qui sont nécessaires à certains offices tels que les matines ou les vêpres. Le texte de ces chants de messe est répertorié dans un recueil enluminé, ancêtre du missel, appelé antiphonaire.

Première école de musique

Afin d'asseoir sa réforme musicale, Grégoire le Grand ouvre le premier conservatoire de musique de l'Occident, la Schola Cantorum. En cinq siècles, le chant grégorien atteint son apogée et s 'impose à tout l'Occident. Mais cette musique ne pouvait se renouveler qu'en surchargeant la mélodie d'ornements de plus en plus compliqués. La naissance de la polyphonie et le développement de l'instrumentation lui seront fatals. Ironie de l'Histoire, c'est un autre Grégoire, treizième pape du nom, qui décidera de purger les livres liturgiques de ce " barbarisme ". Le chant grégorien va tomber dans l'oubli jusqu'au XIXe siècle. Les romantiques, épris de gothique, s'y intéresseront de nouveau.