L'OPERA EN ITALIE


Monteverdi jeune

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Au dix-septième siècle, toute l'histoire de la musique est dominée par la naissance de l'Opéra. C'est à l'école italienne que revient le mérite de cette création.

Période de préparation.
Au seizième siècle, à Florence, un certain nombre d 'Académies réunissaient des savants, des artistes se passionnant pour la recherche de l'art antique. Une des plus célèbres est celle du Comte BARDI qui réunit l'élite des poètes et musiciens de son temps; un de ses membres, Vincent GALILEE (père du célèbre physicien et astronome), publie des 1581 un " Discours sur la musique antique" [ deuxième édition en 1602] (le madrigal) et la musique moderne (le solo) dans lequel il oppose ces deux formes.
Pour appuyer ses théories, il chante seul en s'accompagnant de la viole un passage de la Divine Comédie de Dante. Le solo antique était retrouvé.

Le Comte Bardi proposa alors à deux chanteurs célèbres Péri et Caccini, de composer un drame en musique. Sur des vers du poète Rinuccini, Peri écrivit en 1594 une Dafné que Caccini refit en 1597. Peri composa ensuite une Euridice que Caccini transforma en 1600 en l'honneur du mariage du roi Henri IV avec Marie de Médicis.
L'Opéra, drame entièrement chanté, était né. Dans le désir de reconstituer l'art antique, le sujet s'inspire toujours d'un sujet mythologique. Les acteurs qui représentent les personnages s'expriment au moyen du récitatif: déclamation musicale mesurée qui suit les accents, les inflexions du langage parlé. Les chœurs, qui ont le rôle du chœur antique, commentent l'action; l'œuvre est accompagnée par un orchestre encore réduit; quelques ballets interviennent en forme de divertissement ; les acteurs-chanteurs évoluent selon une mise en scène encore primitive.

Periode de floraison.
L'Opéra prendra son plein essor en Italie avec:
CLAUDIO MONTEVERDI (Crémone 1567 - Venise 1643). II fixe la forme de l'Opéra en établissant la synthèse des éléments déjà existants. Excellent instrumentiste (clavecin, viole), très bon il s'exerce fort Jeune (à 16 ans) à la composition et madrigaux qui le rendent célèbre. Au service du Duc de Mantoue, il voyage en Europe.
De retour en Italie, il se consacre à la musique dramatique composant Orfeo en 1607, et Ariane en 1608. L'œuvre est perdue, seul le célèbre Lamento en subsiste. Nommé Maître de Chapelle à Saint-Marc de Venise, il y reste vingt-sept ans avant d'entrer dans les Ordres.
Dernier des madrigalistes et premier des grands compositeurs d'opéras , Monteverdi est ainsi le dernier polyphoniste du seizième siècle et le premier Lyrique du dix-septième. Dans ses opéras, les passions et les sentiments humains occupent la scène, tandis que l'orchestre souligne les intentions dramatiques du texte.
On peut voir dans l'œuvre de Monteverdi les éléments qui seront repris aux siècles suivants par les meilleurs représentants de l'art dramatique: Gluck, Wagner, Moussorgsky, Debussy.

Période suivante.
L'école Florentine rayonne à travers l'Italie où apparaissent successivement trois écoles:

1° L'Ecole Romaine.
LUIGI ROSSI (Torremaggiore, Royaume de Naples, 1598- Rome 1653), compose un grand nombre d'opéras et de cantates ; son œuvre à un caractère narratif.

2° L'Ecole Vénitienne.
Le théâtre, jusqu'alors aristocratique, prend ici un caractère populaire. L'abandon des sujets mythologiques conduit le poète vers des éléments fantastiques.
CAVALLI (Crema, Lombardie, 1602 - Venise 1678), compose plus de quarante operas. Le récitatif dramatique toujours expressif, la netteté du rythme, la simplicité de la mélodie caractérisent son style.

3° L'Ecole Napolitaine.
Ici triomphe la virtuosité vocale; les livrets sont médiocres. Aussi le public se désintéresse-t-il de l'action, réservant toute son attention aux prouesses vocales des chanteurs.
Alessandro SCARLATTI (Palerme 1660 - Naples 1725), est le créateur de cette école qui, durant deux siècles, sera la plus représentative du théâtre italien et aura sur la musique dramatique en Europe une emprise considérable.